RRI Live!

Écoutez Radio Roumanie Internationale en direct

La clause de la nation la plus favorisée

Une clause qui a permis à la Roumanie de bénéficier de conditions commerciales plus avantageuses de la part des Etats-Unis.

La clause de la nation la plus favorisée
La clause de la nation la plus favorisée

, 30.06.2025, 10:57

L’amitié entre deux États ne se résume pas à de beaux discours, elle se traduit aussi par des actes. L’un des symboles les plus marquants de l’amitié roumano-américaine dans la seconde moitié du XXe siècle fut l’octroi à la Roumanie de la clause de la nation la plus favorisée par les États-Unis. Une clause reposant sur un double principe : d’une part, sur la réciprocité de traitement en matière commerciale entre les deux nations, et d’autre part, en faisant octroyer par les Etats-Unis de conditions plus avantageuses à un pays qui bénéficie de cette clause que celles qu’ils appliquent aux autres.

 

Le réchauffement des relations bilatérales commence timidement en 1946

Si les relations entre la Roumanie et les États-Unis ont été plutôt positives durant la première moitié du XXe siècle à l’exception de la période de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les deux Etats sont entrés en guerre dans des camps opposés, après l’avènement des régimes de démocratie populaire à l’Est de l’Europe les deux nations se retrouvent à nouveau dans des camps opposés : la Roumanie intègre le bloc soviétique, les États-Unis se retrouvent à la tête du monde libre. Le réchauffement des relations bilatérales commence timidement en 1946 et s’amorce véritablement après la mort de Staline, en 1953. L’historien Constantin Moraru, des Archives nationales de Roumanie, explique :

« C’est bien le contexte d’instabilité au sommet du pouvoir soviétique qui a offert à Bucarest l’opportunité d’initier des contacts économiques avec l’Occident. Mais Washington posait une condition préalable : le règlement des indemnisations liées aux nationalisations des biens américains du 11 juin 1948, opérées par le pouvoir communiste instauré à Bucarest. Les négociations à ce sujet s’étaleront de 1954 à 1960, la dispute portant sur un montant réclamé d’environ 60 millions de dollars. En parallèle, quelque 20 millions de dollars d’actifs roumains restaient gelés aux États-Unis. »

 

Signature en 1960 d’un accord censé apurer les dettes mutuelles

Aussi, les tentatives de rapprochement économique se multiplient pendant la dernière moitié des années 50, jusqu’à ce que, en 1960, un accord financier censé apurer les dettes mutuelles soit signé à Washington. La Roumanie s’engage alors à verser 22 millions de dollars, par tranches annuelles. Un accord culturel sera également conclu à l’occasion. Mais la construction du mur de Berlin en 1961, suivie par la crise des missiles de Cuba de 1962 figent à nouveau les relations entre les deux blocs. En 1964, à la suite de la déclaration d’indépendance du Parti ouvrier roumain vis-à-vis de Moscou, les liens bilatéraux reprennent. L’idée de la clause de la nation la plus favorisée refait surface, mais reste bloquée par une loi américaine de 1949 qui interdisait la conclusion de tels accords avec les pays socialistes.

 

En 1969, le président Nixon effectue une visite à Bucarest

L’arrivée au pouvoir de Nicolae Ceaușescu en 1965 ne modifie pas fondamentalement la donne, même si ses conseillers parviennent à le persuader de l’intérêt que la Roumanie aurait pour qu’un rapprochement s’opère avec les Etats-Unis, notamment en matière technologique. Aussi, la Roumanie se démarque progressivement de la position soviétique officielle, faisant entendre une voix dissonante au sein du bloc de l’Est à l’occasion de différentes crises internationales qui secouent le monde : Lors de la guerre des Six Jours de 1967, puis de la guerre du Yom Kippour de 1973, la Roumanie refuse tout simplement de suivre la ligne de Moscou. En 1969, le président Nixon effectue une visite à Bucarest. Au début des années 1970, la Roumanie devient le premier pays socialiste qui adhère au Fonds Monétaire International, à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement ou encore à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce. Le 2 avril 1975, un accord commercial qui offre à la Roumanie la clause de la nation la plus favorisée sera finalement signé à Washington. Le président Gerald Ford visite Bucarest peu après. L’année 1975 marque en fait l’apogée des relations bilatérales. Selon Constantin Moraru, ce succès est aussi le résultat du lobby juif.  « Le lobby juif américain militait pour faciliter l’émigration des Juifs roumains vers Israël ou les États-Unis. Le soutien de cette communauté au Congrès américain semble avoir été en effet décisif pour l’octroi de la clause de la nation la plus favorisée à Bucarest ».

 

A partir de 1980, l’économie roumaine entre en crise

Mais les années 1980 marquent un tournant dans les relations bilatérales : l’économie roumaine entre en crise, la dette extérieure atteint 11 milliards de dollars, et les violations des droits humains s’aggravent. Les États-Unis exigent un plan de remboursement. Ceaușescu s’y refuse. Constantin Moraru : « La Roumanie se trouvait en difficulté sur le plan économique en ce qui concerne les matières premières. Elle possédait une industrie développée dans plusieurs secteurs, qui nécessitait une grande quantité de matières premières importées. Pour pouvoir en acheter à l’étranger, nous avions besoin de devises. Or, la dette ayant atteint un certain niveau, les autorités américaines exigent que la Roumanie élabore un calendrier de remboursement de cette dette. Combiné au non-respect des droits de l’homme par Bucarest, cela a entraîné un refroidissement brutal des relations bilatérales roumano-américaines, qui a culminé en 1988 avec la dénonciation par la Roumanie de la clause de la nation la plus favorisée. Ainsi, en 1989, les relations entre les deux pays étaient au plus bas. »

Ce ne sera qu’en 1996, à la faveur des avancées démocratiques, que le Congrès américain rétablira la clause en faveur de la Roumanie, soit huit années après sa suppression. (Trad. Ionut Jugureanu)

banner-Pro-Memoria.-960x540-2
Pro Memoria lundi, 06 avril 2026

La médecine reflétée dans le livre roumain ancien

La période comprise entre 1508 et 1830 correspond, selon les historiens, à l’époque de l’imprimerie ancienne dans l’espace roumain. Comme...

La médecine reflétée dans le livre roumain ancien
banner-Pro-Memoria.-960x540-2
Pro Memoria lundi, 30 mars 2026

210 ans d’enseignement catholique à Bucarest

L’enseignement catholique dans l’espace roumain possède une histoire de plusieurs siècles. En Moldavie, il s’est implanté plus tôt, étant...

210 ans d’enseignement catholique à Bucarest
banner-Pro-Memoria.-960x540-2
Pro Memoria lundi, 23 mars 2026

Les relations roumano-turques au XXe siècle

Aucune autre influence n’a marqué l’espace roumain au cours du dernier millénaire autant que l’influence turque. À partir de 1877, après...

Les relations roumano-turques au XXe siècle
banner-Pro-Memoria.-960x540-2
Pro Memoria lundi, 16 mars 2026

La famille Ceaușescu

Dans l’histoire de la Roumanie, il y a eu des familles auxquelles l’existence même du pays doit beaucoup. Ce fut le cas des familles Brătianu,...

La famille Ceaușescu
Pro Memoria lundi, 09 mars 2026

Le Danube à l’époque romaine et l’espace roumain

La présence romaine sur cette frontière, qui longe le Danube entre les Portes de Fer et jusqu’à la mer Noire, a profondément marqué...

Le Danube à l’époque romaine et l’espace roumain
Pro Memoria lundi, 02 mars 2026

170 ans depuis l’abolition de l’esclavage des Roms

Le 20 février 1856, la société roumaine franchissait un grand pas vers la modernisation en libérant les Roms de l’esclavage. Un chapitre...

170 ans depuis l’abolition de l’esclavage des Roms
Pro Memoria lundi, 23 février 2026

150 ans depuis la naissance de Constantin Brâncuși

Pour la culture roumaine, la date du 19 février 2026 est particulièrement importante : elle marque, en effet, 150 années depuis la naissance de...

150 ans depuis la naissance de Constantin Brâncuși
Pro Memoria lundi, 16 février 2026

L’Union chez les Roumains

L’Union des Principautés de Moldavie et de Valachie, le 24 janvier 1859, constitue l’un des trois grands moments de l’histoire roumaine du...

L’Union chez les Roumains

Partenaire

Muzeul Național al Țăranului Român Muzeul Național al Țăranului Român
Liga Studentilor Romani din Strainatate - LSRS Liga Studentilor Romani din Strainatate - LSRS
Modernism | The Leading Romanian Art Magazine Online Modernism | The Leading Romanian Art Magazine Online
Institului European din România Institului European din România
Institutul Francez din România – Bucureşti Institutul Francez din România – Bucureşti
Muzeul Național de Artă al României Muzeul Național de Artă al României
Le petit Journal Le petit Journal
Radio Prague International Radio Prague International
Muzeul Național de Istorie a României Muzeul Național de Istorie a României
ARCUB ARCUB
Radio Canada International Radio Canada International
Muzeul Național al Satului „Dimitrie Gusti” Muzeul Național al Satului „Dimitrie Gusti”
SWI swissinfo.ch SWI swissinfo.ch
UBB Radio ONLINE UBB Radio ONLINE
Strona główna - English Section - polskieradio.pl Strona główna - English Section - polskieradio.pl
creart - Centrul de Creație Artă și Tradiție al Municipiului Bucuresti creart - Centrul de Creație Artă și Tradiție al Municipiului Bucuresti
italradio italradio
Institutul Confucius Institutul Confucius
BUCPRESS - știri din Cernăuți BUCPRESS - știri din Cernăuți

Affiliations

Euranet Plus Euranet Plus
AIB | the trade association for international broadcasters AIB | the trade association for international broadcasters
Digital Radio Mondiale Digital Radio Mondiale
News and current affairs from Germany and around the world News and current affairs from Germany and around the world
Comunità radiotelevisiva italofona Comunità radiotelevisiva italofona

Diffuseurs

RADIOCOM RADIOCOM
Zeno Media - The Everything Audio Company Zeno Media - The Everything Audio Company